Petit racontage des événements des deux derniers jours... Je sais, "racontage" ça n'existe pas ! Et alors, on s'en fout tout le monde comprend :0)
Tout a commencé mercredi soir, alors que j'étais tranquillement en train de manger ma 3ème purée en 2 jours. Je tenais ma fourchette dans la main (jusque là, rien d'anormal !) Quand soudain... ma
fourchette se barre ! Comme ça, sans que je n'aie rien demandé, elle part se promener avec mon bras. Au début, je me dis que j'ai rêvé. J'ai surement dû bouger mon bras sans m'en rendre compte.
Mais non, ça recommence : mon bras monte en l'air, je ne le contrôle plus ! Il n'en fait tellement qu'à sa tête que je n'arrive plus à manger. Je sonne donc l'infirmière. Qui ramène direct le
médecin.
Le médecin me fait faire quelques exercices pour voir combien de neurones je suis en train de griller : toucher mon nez avec les doigts en fermant les yeux, tendre les bras devant moi... Bilan :
seul mon bras bouge tout seul, le reste marche bien. Il en conclut que je suis en train de faire une allergie à un médicament qui agit contre les nausées : un syndrome extrapyramidal ! Il parait
que c'est une réaction fréquente en pédiatrie et rare chez les adultes : il faut croire que je suis restée une grande enfant :O) Je précise que j'avais pris sans souci des kilos de ce médicament
ces derniers mois et que je n'étais même pas à la dose maxi !!
Le traitement est simple : on arrête les perfs, on dégage le Primperan qu'il y a dedans (pour ne pas le citer) et on attend que mon corps l'ait éliminé. Et, au passage, on m'interdit également à
vie de prendre un seul comprimé d'anti-nauséeux type Vogalène (c'est la même famille). Ca, c'était pour ceux qui croyaient que ces médicaments là sont innoffensifs... De toute façon, je ne peux pas
dire que ce soit une grosse perte : ces deux là n'avaient que très peu d'efficacité sur moi. Coup de chance : il existe un antidote au Primperan. Mais le médecin préfère éviter de me le donner,
dans la mesure ou je n'ai "que" le bras droit qui déconne.
J'attends donc que le temps passe, pendant que mon bras se ballade comme celui d'un pantin désarticulé. Sauf qu'au lieu de se calmer, ça empire : au bout de 3h30, ce n'est plus seulement le bras
droit mais aussi le gauche, le cou et la langue qui bougent tout seul. Mathieu fait de son mieux pour essayer d'empêcher ma tête de faire un tour complet, car visiblement c'était bien ce qu'elle
essayait de faire !!! Mais mes muscles sont contractés à fond, je ne les maitrise pas et lui a bien du mal à retenir mes membres désobéissants. A force d'être hyper contractée, je commence à avoir
mal.
Je réclame donc l'antidote. Qui prend son temps pour faire effet, puisque les spasmes ne se calment qu'au bout de 1h15. Le plus chaud fut de me faire avaler le cachet sans que je m'étouffe avec
(évidemment, ce genre de médicament n'existe pas en intraveineuse !!). Mais avec deux personnes qui me tiennent dont un médecin qui me le colle dans la bouche, on y est arrivé ! Le reste de la nuit
s'est passé assez calmement.
Le lendemain matin, je reprends comme prévu une autre dose d'antidote. Et c'est là que ça devient drôle ! L'antidote en question est un médicament utilisé pour soigner la maladie de Parkinson. Sauf
que sur moi, il a quelques légers effets secondaires. Pour les spasmes, c'est nickel : mes membres sont à nouveau disciplinés. Par contre, j'ai gagné à la place des vertiges pas très sympathiques.
Quand je marche, j'ai les mêmes sensations que si j'étais sur un bateau en pleine mer. Quand je suis debout immobile, j'ai l'impression d'être dans un ascenseur : le sol monte et descend. Enfin,
quand je me couche, c'est le plafond qui tourne. Je choisis donc (en accord avec le médecin) d'arrêter immédiatement l'antidote, en me disant qu'avec un peu de chance il ne reste plus suffisamment
de Primperan dans mon organisme pour provoquer une nouvelle crise de spasmes. De toute façon, si j'avais absorbé un cachet de plus, je crois que j'aurais vu des éléphants roses :O)
Ces vertiges originaux m'ont bien pourri la journée. Il faut savoir qu'en temps normal, je suis malade en voiture, en bateau, en avion et même en balançoire (si si ! je vous assure !). Alors vous
vous doutez bien qu'à force de voir tout tourner (en plus de la chimio !), je m'en tire avec la nausée et un bon mal de crâne. Mais demain est un autre jour :O)
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